Nous produisons des contenus clairs et documentés sur ce que signifie vivre en République. Ici, pas de jargon, pas de leçons de morale. Des faits, des arguments, des questions.
Éducation civique
L'école de la République a oublié un cours
Il y a une question à laquelle peu d'adultes français peuvent répondre sans hésiter : combien y a-t-il de députés à l'Assemblée nationale ? L'éducation civique a disparu de nos priorités collectives, et c'est toute la démocratie qui en paye le prix.
Juin 2026 · 5 min de lectureLire l'article →
Langue & démocratie
La novlangue : quand les mots changent de sens
Flexibilisation, restructuration, optimisation des effectifs. Derrière ces formules lisses se cache une réalité que les mots ordinaires rendraient trop visible. La novlangue n'est pas un phénomène nouveau, mais elle n'a jamais été aussi présente dans notre vie publique.
Juin 2026 · 6 min de lectureLire l'article →
Lexique citoyen
Le lexique du citoyen : 45 termes pour comprendre la vie politique
Populisme, souverainisme, laïcité ouverte, islamo-gauchisme, wokisme, démocratie participative. Ces mots circulent chaque jour dans les médias et les débats politiques. Mais que signifient-ils vraiment ? Un lexique complet pour ne plus jamais être perdu.
Juin 2026 · 15 min de lectureLire l'article →
Histoire & idées
Qu'est-ce que la République ? De Platon à De Gaulle
La République n'a pas toujours signifié la même chose. De la cité idéale de Platon à l'État autoritaire de Napoléon, en passant par la vision gaullienne d'une France souveraine et unie, le mot a traversé vingt-cinq siècles en changeant de visage.
Juin 2026 · 8 min de lectureLire l'article →
Éducation civique
L'école de la République a oublié un cours
Association La République · Juin 2026 · 5 min de lecture
Il y a une question à laquelle peu d'adultes français peuvent répondre sans hésiter : combien y a-t-il de députés à l'Assemblée nationale ? Comment une loi est-elle votée ? Qu'est-ce qu'un recours devant le Conseil d'État ?
Ce n'est pas une question de niveau d'études. C'est une question d'éducation civique. Et cette éducation, nous ne la dispensons plus vraiment.
Ce que nous avons perdu
Pendant des décennies, l'instruction civique était une matière à part entière. On apprenait le fonctionnement des institutions, les droits et devoirs du citoyen, l'histoire de la République, pas comme un récit mythologique, mais comme un contrat vivant auquel chacun participait.
Ce cours a progressivement disparu des emplois du temps, dilué dans d'autres matières, réduit à quelques heures annuelles, noyé dans des programmes surchargés. Ce qui reste, l'Enseignement Moral et Civique, est souvent perçu par les élèves comme une variable d'ajustement, rarement pris au sérieux, insuffisamment outillé pour former de vrais citoyens.
Le résultat est visible. Une génération entière arrive à l'âge adulte sans savoir lire un bulletin de vote, sans comprendre la différence entre une loi et un décret, sans savoir ce que signifie vraiment la laïcité au-delà du mot.
L'esprit critique ne s'improvise pas
On entend souvent que les jeunes manquent d'esprit critique. C'est vrai. Mais ce n'est pas une fatalité générationnelle, c'est le résultat d'un apprentissage qui n'a pas eu lieu.
L'esprit critique, c'est une méthode. C'est apprendre à distinguer un fait d'une opinion. C'est savoir d'où vient une information, qui la produit, dans quel intérêt. C'est comprendre qu'un titre de presse n'est pas un article, qu'un post viral n'est pas une vérité, qu'une statistique peut dire à la fois tout et son contraire selon la façon dont on la présente.
Cette méthode s'apprend. Elle s'enseigne. Et plus elle s'enseigne tôt, plus elle devient un réflexe naturel plutôt qu'un effort conscient.
Un enfant de dix ans qui apprend à se demander « qui dit ça, et pourquoi ? » sera un adolescent de seize ans moins perméable aux discours extrêmes. Pas parce qu'on lui aura dit quoi penser, mais parce qu'on lui aura appris comment penser.
Ce que la République nous doit
La République française a fait un pari fondateur : celui que tout citoyen éclairé est capable de participer à la vie démocratique. Ce pari s'appelle la souveraineté populaire. Il suppose que le peuple soit en mesure d'exercer cette souveraineté de façon informée.
Or un peuple qu'on n'a pas formé à comprendre ses institutions est un peuple qu'on prive de sa souveraineté réelle, même s'il conserve le droit formel de voter.
L'éducation civique n'est donc pas une matière parmi d'autres. C'est la condition sine qua non du fonctionnement démocratique. La négliger, c'est fragiliser la démocratie elle-même, pas en un jour, mais par usure lente, génération après génération.
Ce que nous proposons
L'association La République ne prétend pas se substituer à l'école. Ce n'est pas notre rôle. Mais nous voulons occuper l'espace que l'école n'occupe plus assez.
Produire des contenus clairs, accessibles, sans jargon, qui expliquent à un citoyen ordinaire comment fonctionne sa démocratie. Organiser des débats ouverts où les questions naïves sont les bienvenues, parce que les questions naïves sont souvent les plus importantes. Aller vers les jeunes adultes avec des formats qui leur ressemblent, pas avec des cours magistraux.
Former des citoyens qui comprennent ce qu'ils ont entre les mains.
Parce qu'une République dont les citoyens ne comprennent plus le fonctionnement n'est plus vraiment une République. C'est un décor.
Association La République · Fondée le 23 juin 2026 à Blagnac. Notre seul camp : la République.
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Association La République · Juin 2026 · 6 min de lecture
Flexibilisation, restructuration, optimisation des effectifs. Derrière ces formules lisses se cache une réalité que les mots ordinaires rendraient trop visible : des emplois supprimés, des vies bouleversées. La novlangue n'est pas un phénomène nouveau, mais elle n'a jamais été aussi présente dans notre vie publique.
Qu'est-ce que la novlangue ?
Le terme vient de George Orwell, qui dans son roman 1984 imaginait une langue officielle conçue pour réduire le champ de la pensée. Le principe : en appauvrissant le vocabulaire, on appauvrit la capacité à penser librement. Si le mot "mauvais" n'existe plus et qu'on ne peut dire que "non-bon", il devient impossible de formuler une opposition radicale.
Dans nos démocraties contemporaines, la novlangue fonctionne différemment. Elle ne supprime pas les mots, elle les vide de leur substance ou les remplace par des euphémismes qui atténuent la réalité. Elle prolifère dans trois espaces : le monde politique, le monde médiatique et le monde de l'entreprise.
Dans la vie politique
La politique est le terrain naturel de la novlangue, parce que les mots y ont des effets directs sur l'opinion publique. Quelques exemples frappants.
On ne dit plus "licenciement collectif" mais "plan de sauvegarde de l'emploi". La formule semble protectrice. Elle désigne pourtant exactement la même réalité : des salariés qui perdent leur travail.
On ne dit plus "impôt" mais "prélèvement obligatoire" ou "contribution". Le mot impôt est perçu comme une contrainte imposée. Contribution suggère une participation volontaire à un bien commun.
On ne dit plus "guerre" mais "opération extérieure", "intervention", "frappes ciblées". Ces formules dissocient l'acte militaire de ses conséquences humaines.
On ne dit plus "pauvre" mais "personne en situation de précarité" ou "ménage à revenus modestes". La périphrase dilue la réalité dans un jargon administratif qui la rend moins visible, moins urgente.
Dans les médias
Les médias véhiculent la novlangue autant qu'ils la produisent. Certains termes sont devenus des formules toutes faites qui dispensent de penser. "Tension sociale" pour éviter de dire grève générale. "Incident" pour minorer un événement grave. "Source proche du dossier" pour citer quelqu'un sans le responsabiliser.
La novlangue médiatique fonctionne aussi par l'inflation des superlatifs. Quand tout est "historique", "sans précédent", "inédit", plus rien ne l'est vraiment. Le spectateur finit par ne plus percevoir les différences de gravité entre les événements.
Pourquoi c'est un enjeu démocratique
La démocratie repose sur un principe fondamental : les citoyens doivent pouvoir comprendre les décisions qui les concernent pour y consentir ou s'y opposer. Si les mots qui décrivent ces décisions sont systématiquement brouillés, ce consentement devient fictif.
Un citoyen qui ne comprend pas ce qu'est réellement un "plan de redressement budgétaire" ne peut pas évaluer si la politique menée correspond à ses intérêts. Un électeur qui confond "flexibilisation du marché du travail" avec "modernisation sociale" vote sur des bases faussées.
Ce n'est pas une question de mauvaise foi généralisée. C'est une question de vigilance collective. La novlangue prospère dans l'inattention. Elle recule face à la précision du langage et à l'exigence de clarté.
Ce que nous pouvons faire
La première résistance à la novlangue est individuelle : s'habituer à demander "qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?". Derrière chaque euphémisme politique ou médiatique, il y a une réalité que les mots ordinaires permettent de nommer.
La deuxième résistance est collective : exiger des élus, des journalistes et des institutions qu'ils parlent clairement. Pas par naïveté, mais parce que la clarté du langage est une condition de la clarté du débat démocratique.
C'est précisément pour cela que l'association La République publie ces tribunes dans un langage accessible, sans jargon ni euphémisme. Parce que comprendre est la première forme d'engagement.
Association La République · Juin 2026 Notre seul camp : la République.
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Le lexique du citoyen : 45 termes pour comprendre la vie politique
Association La République · Juin 2026 · 15 min de lecture
Populisme, souverainisme, wokisme, démocratie participative, état de droit, laïcité ouverte. Ces mots circulent chaque jour dans les médias et les débats politiques. Ils sont employés avec certitude par ceux qui en usent, et reçus dans la confusion par beaucoup d'autres. Ce lexique a une ambition simple : permettre à chaque citoyen de comprendre ce qui est dit, pour pouvoir se faire son propre avis.
Les définitions proposées ici s'efforcent d'être neutres et factuelles. Elles décrivent ce que les mots signifient, pas ce qu'il faudrait en penser.
A — D
Absolutisme — Système de gouvernement dans lequel le souverain détient un pouvoir sans limites, non soumis à des lois ni à des contre-pouvoirs. S'oppose à la monarchie constitutionnelle et à la démocratie.
Abstention — Fait de ne pas participer à un vote. En France, l'abstention est légale et ne peut être sanctionnée. Elle est souvent interprétée comme une forme de défiance envers le système politique, mais peut aussi traduire une indifférence ou un désaccord avec les options proposées.
Autoritarisme — Système politique caractérisé par la concentration du pouvoir, la limitation des libertés individuelles et l'affaiblissement ou la suppression des contre-pouvoirs (presse, justice, opposition). Distinct de la dictature par son degré d'intensité.
Bicamérisme — Système parlementaire comportant deux chambres législatives. En France, l'Assemblée nationale et le Sénat. La première représente directement les citoyens, le second les collectivités territoriales.
Bonapartisme — Courant politique issu de l'héritage de Napoléon Bonaparte, caractérisé par la légitimité plébiscitaire (appel direct au peuple), un exécutif fort, l'ordre social et la gloire nationale. Influença durablement la droite française.
Centrisme — Position politique qui se situe entre la gauche et la droite, cherchant des compromis et refusant les extrêmes. Le centre peut pencher légèrement d'un côté ou de l'autre selon les sujets.
Citoyen — Personne qui appartient à une communauté politique (une nation) et qui en possède les droits et les devoirs. En France, la citoyenneté implique notamment le droit de vote, la liberté d'expression et l'obligation de respecter les lois.
Communautarisme — Organisation de la société autour de groupes identitaires (religieux, ethniques, culturels) qui revendiquent des droits ou des espaces distincts. En France, le terme est généralement utilisé de façon critique, car il s'oppose au modèle républicain d'intégration individuelle.
Conservatisme — Courant politique attaché à la préservation des institutions, des valeurs traditionnelles et de l'ordre établi. S'oppose au progressisme. Peut coexister avec des positions économiques libérales ou protectionnistes.
Constitution — Texte fondamental qui définit l'organisation de l'État, les droits des citoyens et les règles du jeu politique. En France, la Constitution de 1958 est le texte de référence de la Ve République. Aucune loi ne peut y contrevenir.
Démagogie — Discours politique qui flatte les opinions du peuple, exploite ses peurs ou ses ressentiments pour obtenir son soutien, sans nécessairement chercher à résoudre les problèmes réels. Distinct du populisme par son caractère délibérément trompeur.
Démocratie directe — Forme de démocratie dans laquelle les citoyens prennent directement les décisions, sans intermédiaires élus. Le référendum en est l'outil principal. Difficile à mettre en oeuvre à grande échelle.
Démocratie participative — Ensemble de dispositifs permettant aux citoyens de s'impliquer dans les décisions publiques au-delà du simple vote : budgets participatifs, conventions citoyennes, consultations publiques.
Démocratie représentative — Système dans lequel les citoyens élisent des représentants chargés de prendre les décisions en leur nom. Modèle dominant dans les démocraties occidentales, dont la France.
Dissolution — Acte par lequel le chef de l'exécutif met fin au mandat de l'assemblée législative et convoque de nouvelles élections. En France, le Président peut dissoudre l'Assemblée nationale (article 12 de la Constitution).
E — L
État de droit — Système dans lequel toutes les personnes, y compris les gouvernants, sont soumises au droit. L'État de droit implique l'indépendance de la justice, la hiérarchie des normes et le respect des droits fondamentaux.
Extrême droite — Courant politique caractérisé par le nationalisme fort, la priorité nationale, le rejet de l'immigration, l'ordre autoritaire et, dans ses formes les plus radicales, le racisme et le fascisme. En France, le Rassemblement National en est la principale expression électorale.
Extrême gauche — Courant politique qui remet en cause le système capitaliste et les institutions libérales, prônant une transformation radicale de la société. Regroupe des courants très divers : trotskistes, anarchistes, communistes révolutionnaires.
Fédéralisme — Système dans lequel le pouvoir est partagé entre un gouvernement central et des entités régionales autonomes (États, Länder, cantons). L'Allemagne, les États-Unis et la Suisse sont des États fédéraux. La France est un État unitaire.
Gaullisme — Courant politique inspiré de Charles de Gaulle, fondé sur la souveraineté nationale, l'exécutif fort, le pragmatisme économique (ni libéralisme pur ni socialisme), l'indépendance diplomatique et la grandeur de la France.
Idéologie — Ensemble cohérent de valeurs, de croyances et d'idées qui guide une vision du monde politique. Le libéralisme, le socialisme, le conservatisme sont des idéologies. Le terme est parfois employé de façon péjorative pour désigner une pensée rigide ou déconnectée de la réalité.
Impunité — Absence de sanction pour des actes contraires à la loi ou à l'éthique. L'impunité des puissants est souvent citée comme facteur de défiance envers les institutions.
Islamo-gauchisme — Expression controversée désignant une supposée alliance entre la gauche radicale et l'islamisme politique. Fortement contestée par ses cibles, qui la jugent diffamatoire. Utilisée principalement à droite et à l'extrême droite pour discréditer des adversaires.
L — P
Laïcité — Principe de séparation de l'État et des religions, garantissant la neutralité des institutions publiques et la liberté de conscience de chaque individu. En France, la laïcité est inscrite dans la Constitution depuis 1946. Elle ne s'oppose pas à la croyance privée mais interdit toute emprise religieuse sur l'espace public.
Laïcité ouverte — Interprétation de la laïcité qui accepte davantage d'expressions religieuses dans l'espace public que la conception française traditionnelle. Terme souvent utilisé dans le débat québécois. En France, il est perçu par certains comme une remise en cause du principe républicain.
Libéralisme — Courant politique et économique qui place la liberté individuelle au centre de ses valeurs. Le libéralisme politique défend les droits fondamentaux, la séparation des pouvoirs et l'État de droit. Le libéralisme économique prône le marché libre et la limitation de l'intervention de l'État.
Mandat — Durée pendant laquelle un élu exerce ses fonctions. En France, le mandat présidentiel est de 5 ans, celui des députés également. Le mandat implique une délégation de pouvoir du citoyen vers son représentant.
Monarchie constitutionnelle — Système dans lequel un roi ou une reine règne, mais son pouvoir est limité par une Constitution et exercé en pratique par des élus. Modèle du Royaume-Uni, de l'Espagne, des Pays-Bas.
Motion de censure — Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut mettre en cause la responsabilité du gouvernement et le contraindre à démissionner. Nécessite une majorité absolue des députés.
Nationalisme — Idéologie qui place la nation au centre de ses valeurs et défend ses intérêts, parfois au détriment des autres. Peut prendre des formes modérées (patriotisme) ou radicales (chauvinisme, xénophobie).
Oligarchie — Système dans lequel le pouvoir est détenu par un petit groupe, souvent économiquement dominant. Le terme est fréquemment utilisé de façon critique pour désigner la concentration du pouvoir entre les mains d'une élite.
Populisme — Courant politique qui oppose le "peuple pur" aux "élites corrompues" et prétend incarner la volonté populaire contre les institutions établies. Peut se trouver à droite (nationaliste) ou à gauche (social). Le populisme n'est pas nécessairement antidémocratique, mais il peut le devenir quand il remet en cause les contre-pouvoirs.
Proportionnelle — Mode de scrutin dans lequel les sièges sont répartis proportionnellement aux votes obtenus par chaque parti. Favorise la représentation des petits partis mais peut rendre les majorités instables. S'oppose au scrutin majoritaire.
R — Z
Référendum — Consultation directe des citoyens sur une question précise. En France, le Président peut soumettre certains textes au référendum (article 11). Le référendum d'initiative citoyenne (RIC) est régulièrement réclamé mais n'existe pas encore.
Régime présidentiel — Système dans lequel le chef de l'exécutif (le président) est élu directement par le peuple et dispose de pouvoirs étendus, indépendants du parlement. Modèle des États-Unis. La France est un régime semi-présidentiel.
République — Forme de gouvernement dans laquelle le pouvoir appartient au peuple et est exercé par des représentants élus. La France est une République depuis 1792, sous différentes formes. La Ve République, fondée en 1958 par De Gaulle, est le régime actuel.
Séparation des pouvoirs — Principe fondamental des démocraties libérales, formulé par Montesquieu, selon lequel les pouvoirs législatif (faire la loi), exécutif (appliquer la loi) et judiciaire (juger) doivent être distincts et indépendants pour éviter les abus.
Socialisme — Courant politique qui défend la réduction des inégalités, l'intervention de l'État dans l'économie et la protection sociale. Regroupe des sensibilités très diverses, du social-démocratie (réformiste) au marxisme (révolutionnaire).
Souverainisme — Courant politique qui défend la primauté de la souveraineté nationale sur les institutions supranationales (Union européenne, organisations internationales). Peut se trouver à gauche comme à droite. Ne se confond pas nécessairement avec le nationalisme ou le protectionnisme.
Suffrage universel — Droit de vote accordé à tous les citoyens majeurs, sans distinction de sexe, de fortune ou d'origine. En France, le suffrage universel masculin date de 1848, le droit de vote des femmes de 1944.
Technocratie — Système dans lequel les décisions politiques sont prises par des experts techniques plutôt que par des élus. Critiquée pour son déficit démocratique. Certains y voient une dérive des institutions européennes.
Totalitarisme — Système politique qui cherche à contrôler tous les aspects de la vie sociale, économique et privée des individus. Le nazisme et le stalinisme en sont les exemples historiques les plus aboutis. Distinct de l'autoritarisme par son ambition totale.
Wokisme — Terme issu de l'anglais "woke" (éveillé), désignant une sensibilité politique centrée sur la lutte contre les discriminations systémiques (racisme, sexisme, lgbtphobie). Utilisé positivement par ses partisans, péjorativement par ses opposants qui y voient un excès d'idéologie identitaire.
Association La République · Juin 2026 Notre seul camp : la République.
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Qu'est-ce que la République ? De Platon à De Gaulle
Association La République · Juin 2026 · 8 min de lecture
La République n'a pas toujours signifié la même chose. De la cité idéale de Platon à l'État autoritaire de Napoléon, en passant par la vision gaullienne d'une France souveraine et unie, le mot a traversé vingt-cinq siècles en changeant de visage. Comprendre ces héritages, c'est comprendre les tensions qui traversent encore aujourd'hui notre vie politique.
La République selon Platon : le gouvernement des meilleurs
Quand Platon écrit La République au IVe siècle avant notre ère, il ne parle pas d'élections ni de suffrage universel. Il imagine une cité juste, gouvernée non par le peuple dans sa totalité, mais par les plus sages, ceux qu'il appelle les philosophes-rois.
Pour Platon, la démocratie n'est pas le meilleur régime. Il la place même parmi les régimes dégénérés, juste avant la tyrannie. Son raisonnement : une cité où chacun fait ce qu'il veut, sans hiérarchie des valeurs ni direction éclairée, finit inévitablement par tomber entre les mains d'un tyran qui promet l'ordre.
La République platonicienne est donc aristocratique au sens étymologique : le gouvernement des aristoi, les meilleurs. Elle est organisée en trois classes, les gouvernants philosophes, les guerriers et les producteurs, chacune ayant sa fonction propre dans l'harmonie de la cité.
Ce modèle n'a jamais existé tel quel. Mais son influence sur la pensée politique occidentale est immense : l'idée que la légitimité du pouvoir vient de la compétence et de la vertu, pas seulement du nombre de voix obtenues, traverse encore tous les débats sur la technocratie, le mérite et la représentation.
La République selon Napoléon : l'ordre au service de la nation
Napoléon Bonaparte arrive au pouvoir en 1799, dix ans après une Révolution qui a épuisé la France dans la violence et l'instabilité. Il se présente comme l'héritier de la Révolution, celui qui en consolide les acquis sans en reproduire les excès.
Sa République, la Consulat puis l'Empire, est une construction paradoxale. Elle maintient les principes révolutionnaires formels : égalité civile, abolition des privilèges de naissance, Code civil qui unifie le droit français. Mais elle les place sous l'autorité d'un exécutif all-puissant, légitimé par le plébiscite plutôt que par la délibération parlementaire.
Pour Napoléon, la légitimité vient du peuple, mais s'exprime par acclamation collective plutôt que par représentation. Le peuple dit oui ou non à un homme, pas à un programme. Cette conception plébiscitaire du pouvoir, qui court-circuite les corps intermédiaires (partis, parlement, presse), est ce que les historiens appellent le césarisme démocratique.
L'héritage napoléonien en France est considérable : la préfecture, le lycée, la Cour de cassation, la Banque de France, le Code civil. Ces institutions structurent encore l'État français. Mais elles ont été construites pour servir un exécutif fort, pas pour équilibrer les pouvoirs.
La République selon De Gaulle : la souveraineté ou rien
Charles de Gaulle accède au pouvoir en 1958 dans un contexte de crise grave : la guerre d'Algérie menace de faire basculer la France dans la guerre civile, et la IVe République, parlementaire et instable, s'est montrée incapable d'y faire face.
Sa vision de la République est radicalement différente des deux précédentes. Elle n'est pas aristocratique comme celle de Platon, ni plébiscitaire et centralisée comme celle de Napoléon. Elle est souverainiste et institutionnelle.
Pour De Gaulle, la République ne vaut que si elle est souveraine, c'est-à-dire capable de décider par elle-même, sans dépendance à une puissance étrangère ou à une idéologie transnationale. C'est ce qui explique son refus de l'OTAN intégré en 1966, sa méfiance envers la construction européenne fédérale, et son attachement à la force de dissuasion nucléaire française.
La République gaullienne est aussi sociale : De Gaulle n'est pas un libéral économique. Il croit à la participation des travailleurs aux bénéfices de l'entreprise, à un État qui arbitre entre les intérêts particuliers, à une économie au service de la nation plutôt que l'inverse.
Enfin, elle est institutionnelle : la Ve République qu'il fonde place le Président de la République au centre du dispositif, élu au suffrage universel direct depuis 1962, arbitre des grandes décisions, incarnation de l'unité nationale au-dessus des partis.
Ce que notre association retient de chacun
De Platon, nous retenons l'exigence. La démocratie ne peut pas se contenter de compter les voix, elle doit former des citoyens capables de les exercer avec discernement. Un peuple mal informé, incapable de distinguer un argument d'une manipulation, est un peuple vulnérable. L'éducation civique n'est pas un supplément d'âme, c'est la condition de la démocratie.
De Napoléon, nous retenons l'unité. La France n'est pas une collection de groupes, de régions ou de communautés. Elle est un peuple uni par un droit commun, des institutions communes et une histoire commune. Le Code civil, qui garantit les mêmes droits à chaque citoyen quelle que soit sa naissance, reste l'un des héritages les plus précieux de cette période.
De De Gaulle, nous retenons la souveraineté. Une République qui ne décide plus par elle-même n'est plus une République au sens plein du terme. La souveraineté populaire implique que les citoyens aient réellement prise sur les décisions qui les concernent, que ces décisions ne soient pas confisquées par des intérêts économiques, des bureaucraties supranationales ou des idéologies importées.
Ces trois héritages ne sont pas contradictoires. Ils forment ensemble une vision exigeante de ce que devrait être une République : gouvernée par des citoyens éclairés, unie autour d'un droit commun, et souveraine dans ses décisions.
C'est cette vision que l'association La République s'efforce de porter, sans nostalgie ni dogmatisme, mais avec la conviction que ces principes restent plus actuels que jamais.
Association La République · Juin 2026 Notre seul camp : la République.
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